Barouillet pas barbouillé en bas roue yeah (ben quoi ?)

Barouillet pas barbouillé en bas roue yeah (ben quoi ?)

On goûte tout ? C’est une bonne question, parce qu’au Château Barouillet ça en fait des cuvées… Même Vincent s’y perdrait. Mais oui, bien sûr, on goûte tout. Ce serait presque une histoire de réputation. 

Vincent, c’est le barbu qui a pris la relève du domaine. Avant c’était son père. Vincent, il est très fort pour trouver les noms de cuvée, mention spéciale à Bergecrac et Splash!, mais franchement au chai il est très fort aussi. 

Je vais essayer de condenser ici un peu mes impressions, mon ressenti, de redessiner en quelques mots la trame, le style, l’esprit Barouillet, ce qui se dégage, à mon sens

45 hectares de vignes étalées sur Bergerac, Pécharmant, et Monbazillac. Temps dégueulasse ce jour-là. Vraiment dégueulasse. C'était le jour des portes ouvertes de l'AOC. Souvent des lurons-visiteurs de tous âges, tous sexes, tous esprits venaient se greffer à la dégust'. Plus on est de goûteurs, plus et mieux on goûte. La multiplicité fait l’émulation. C'est l’occasion de s'épancher sur des millésimes plus vieux, de comparer, de chiner la petite cuvée atypique introuvable comme ce 100% muscadelle que Vincent avait mis bien au fond de sa cave, et qu'un homme aux baskets oranges fana de muscadelle a réclamée. Une cuvée volontairement sans (ou presque) acidité qui vise la concentration sur le côté fruits exotiques et floral du cépage. Sans acidité, c’est un peu lourd et indigeste, et c’est d’ailleurs pour ça que Vincent a abandonné la cuvée. Selon l’homme aux baskets oranges, ça épouserait pourtant à merveille nombre de plats gastronomiques. Tiens, une langoustine par exemple ! Oui, tiens, pourquoi pas. 

Splash! Y’en a plus, mais j’ai adoré. Une bulle. Hyper vif, citronné, aérien comme un ptit nuage (oui, un nuage). C’est super frais. 100% sémillon, cueilli en pré-maturité, mi-août.

En dehors des classiques raisins du sud-ouest, dans l’appellation Bergerac, on peut mettre du chenin et du chardonnay. Ça apporte du peps aux blancs. Un côté peut-être plus froid. Plus d’éclat, de jeunesse, de gaieté dans des jus qui pourraient vite se barrer dans des pâteux exotiques. Les blancs sont sur la fraîcheur toujours, ils ont une jolie verticalité, ils sont comme élancés. Et ils ont un truc bien à eux, ce sont des galants, des élégants, ils se tiennent bien droits.

Pour les rouges, le plus stupéfiant, c’est la rondeur, le côté onctueux et fondu. Tannins jamais agressifs, des vins toujours sur l’ampleur, la largesse, et la longueur en bouche. Vraiment jolis. 

En rosé, on a malbec et cabernet sauvignon assemblés, on a la chair du raisin, une tournure croquante et super légère. Mais par contre, on n'a pas un rosé de maillot-de-bain-encore-humide-sur-la-plage, non, on a plutôt un rosé de table, douché-rhabillé à l’apéro sur la terrasse avec les premières rondelles de saucisson et les minuscules crevettes grises dont on mange la tête. 

Et puis, il y a les moelleux. On oublierait trop facilement qu’il y a de l’alcool là-dedans. C’est vraiment des bonbons. Apicula, plus grand moelleux jamais produit selon l’homme aux baskets oranges. Au début, je me suis dit, que le mec aux baskets oranges, il n’y allait pas avec le dos de la cuillère quand même, je veux dire, il tartine quoi. Puis… je me suis ravisée sur mon jugement, parce que franchement, Apicula c’est juste délirant. C’est un vin qui se fait tout seul. Fermentation naturelle, élevage pendant 3 ans sans qu’on ne touche à rien, 11% d’alcool, stabilisé solo comme un grand. C’est du raisin de sémillon et muscadelle tout nu, c’est beaucoup de sucre résiduel. Et pourtant c’est frais comme une pastille de menthe enrobée d’une cuillère à soupe de miel très liquide qui fonderait sur la langue. Ça dégouline dans la gorge dans cette danse aliénante d’équilibre entre jus et coulis, du goût de miel, bien sûr, c’est riche oui, mais ça garde l’acidité d’un abricot, d’une nectarine bien mûre, ça se donne un genre à peine confit, ça effleure le fruit sec, et puis bam c’est terrien et torréfié. Gras, sucré, acide, équilibré. How is that even possible Barouillet ?

 
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