Gombaude-Guillot : Olivier, la méticuleuse tranquillité

Gombaude-Guillot : Olivier, la méticuleuse tranquillité

Je crois beaucoup que les vins racontent ceux qui les créent. À la manière d’un enfantement, les vigneron(ne)s mettent au monde cuvées et millésimes, comme un genre d’extension d’eux-même, qui leur sont à la fois tout à fait extérieurs, et infiniment liés. 

Olivier n’y dérogera pas. 

Gombaude-Guillot Pomerol

Solaire et affable, c’est lui, et c’est ainsi qu’il m’accueillera ce jeudi 22 mars. Il est 14h30, un bleu-ciel indécent engloutit le plateau de Pomerol, la rue de l’église est déserte, l’acoustique est feutrée par un léger courant d’air, les pieds de vignes, taillés, dénudés, épurés, s’accrochent aux fils, et se préparent… « Il faut la contenir la vigne, lui donner un cadre, c’est pour ça qu’on la taille, sinon il y aurait trop de fruits, ça partirait dans tous les sens, et ça donnerait une mauvaise qualité de raisin, pas assez concentrée ». Olivier est tranquille, il prend le temps de m’expliquer, de me montrer, les vignes, la taille, sa terre, et celle du voisin. Il va et vient entre plaisanterie et pédagogie, l’oeil rieur, dans une tendre joie, que j’aime appeler bonhommie. 

C’est un sacré défi, le château Gombaude-Guillot. C’est comme si Olivier recevait un double héritage : celui de sa famille, et celui de la terre. Pas évident de mettre sa touche avec la force de la tradition bordelaise, enfin c’est ce que je me disais. Olivier, lui, accueille sa destinée avec sagesse. « Lorsque je doute et que j’ai une décision importante à prendre, j’en parle à mes parents, il faut profiter de leur expérience, on peut toujours faire des erreurs, ça fait garde-fou ». Il est conscient de la qualité et de la rareté de sa terre, et peut-être s’en sent-il alors implicitement redevable ? En tout cas, c’est un vigneron mû par une grande méticulosité, il connaît son métier, il l’apprivoise, il est précis et réfléchi. 

Pas franchement d’improvisation dans sa cave, Olivier veut faire les vins qu’il aime boire, il sait ce qu’il vise : la finesse et l’élégance, des vins marqués par la prestance de Pomerol. Franchise, robustesse, sagacité, et souplesse d’esprit. Comme lui. Alors, c’est avec zèle qu’il travaille : la vigne est bio-cajolée, la cave est veillée, à peine soufrée quand il le faut pour la guider, et il essaie, il expérimente, il réussit, ou il rate, mais il apprend, et il avance.

Olivier Techer - Gombaude-Guillot - Pomerol

L’ambition déride la créativité et nourrit l’instinct, Olivier n’a que 8 années de vinification derrière lui, et pourtant le chemin qu’il emprunte semble bien l’emmener là où il veut aller. Tirés de la cuve, je goûte les 2017 de Pom’n’roll et du grand vin, et déjà ce sont des promesses, des caresses, des bijoux. Mais il faudra encore attendre. 

Dans la pièce d’à-côté, des rangées de fûts neufs couvent, couvent le fruit d’un labeur, d’une idée, d’une terre, d’une transmission, d’une passion.

 
Closeries des Moussis : Pascale, Laurence, Jumpa

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