Brut de cuve

J’ai bu une première gorgée, ça m’a chauffée la gorge, ça avait le goût du week-end dernier. Le goût de l’excès, De la fête. De la rencontre. Le goût de l’été qui arrive, des week-ends un peu longs, même si aujourd’hui, je ne sais plus quelle est vraiment la différence entre les jours de la semaine, du lundi au dimanche, du 1er au 31, de janvier à décembre, juste le rythme de la nature, et j’aime ça, tout est mélangé, il n’y a pas de délimitation, pas de périmètre, de lisières, ou d’extrémité, les jours se suivent, emboîtés, épousés, ils s’aiment, s’assemblent, créent la fluidité, et la vie, s’ancrer dans la haine de la case, même si, d’accord, ranger, et utiliser les mots, les boîtes, les catégories, ça permet de communiquer, de mettre en commun, mais j’aime pas ça, ranger, figer, glacer, pétrifier, scléroser, même les mots qui disent l’immobilisme, ils sont moches, amer à prononcer, épais, et aigres, c’est se fondre dans le costume, qu’on trouve, qu’on prend, par défaut, tu sais comment ça se passe, parce qu’il n’y a rien d’autre, ou parce qu’on a pas envie de chercher, ou peur, ou qu’on sait pas, ouais on sait pas, parce qu’on nous a jamais dit, qu’on pouvait, inventer la vie, coudre son propre costume. Épiée, sous les regards, qui me cassent, se forcer à tout bomber, l’ego, l’habit, pas déguiser, juste assurer, ou bien rassurer, avancer avec non pas la fierté, mais juste un genre de solidité, une force, un aplomb, être soi-même, cette certitude qu’il n’y a rien d’autre, qu’une route, la sienne, à soi, la mienne pour moi, jalonnée, hésitante, inclusive, la trace, mes repères, le bruit du vent qui bourdonne, l’envie et le désir, la fièvre, la peur, et la difficulté, de l’équilibre, de s’attacher, de se détacher, et y a que les mots qui disent le mouvement qui disent la vérité.

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Un matin frais à 10 kms de Condrieu

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