Attrape l'instant

Attrape l'instant

Tu peux écouter ça en lisant...

Le sable est humide, un sol de plâtre durci par le temps qui s'effriterait sous l'effet de l'eau. Mes orteils se crispent, la texture devient poudreuse. C'est bon d'être allongée sur cette terre de mer. Les points de contact à l'arrière de la tête, à chaque bout d'omoplate, au bas du dos, et la chair qui s'étend et se détend, la plage diffuse toute son énergie. Le soleil chauffe doucement la peau. Regarde tout au loin, tout est vachement loin. Tout est interminable, tout est incalculable, le tout est sans mesure. L'horizon, immense, bouge, il se meut, insatiable vivant, il ondule, avance, recule, gracieux, délié, sagace. Les vagues vertes et argentées, un peu bleu foncé aussi, elles sont bien rondes, elles se forment et éclatent aussi humblement qu'elles sont majestueuses. La nature est un joli spectacle, celui que l'on donne, que l'on partage, dont on s'imprègne. Sous le mouvement, la tranquillité, sous la beauté, le charme de l'imparfait.

Surfeurs, surfeuses vont. Le cheveux salé, épaissi par le phébus agressif, ça déambule, peau brunie, corps gaulé, fesses bombées, épaules carrées, le néoprène qui colle et qui s'accroche à chaque morceau de peau, et qui vient lisser une silhouette déjà idéale. Nus pieds en sablés, le pas posé, serein, musical, l'oeil amoureux, le regard libre et patiné, la fougue toute misée dans cette planche waxée, en équilibre sous le bras. Vu d'en haut, comme de petits personnages, bourrés de rêve, de passion, de sensations, les porteurs d'une lumière, d'une vibration. 

Tu contemples. Tu as le soleil dans les yeux, sourcils froncés de volonté. Que se passe-t-il ? Je crois que tu as saisi un instant, tu l'as touché, regarde, oui, tu y étais, tu as remarqué. Le soleil, le sable, la lumière, la chaleur, la texture de tout ça, le goût, les rires, les sourires, et la prunelle plus concernée. On dit qu'être là dans l'instant présent, ça s'appelle vivre. Et ça semble tellement léger. 

Ça brille

Ça brille

Ne te perds pas